Et bien oui, 4ème numéro de téléphone en 1 an de présence ici. Désormais il faut nous joindre au :
Du lundi au samedi : entre 12h et 13h30, ou après 23h (heure française)
Dimanche : entre 16h et 20h (heure française)
Le blog de Pierre-Michaël, Anne-Thérèse et Maguelone Blanchard, Volontaires FIDESCO au Brésil !
On a déjà évoqué les obstacles administratifs que nous sommes appelés à vivre. Nous venons de vivre les championnats du monde, avec comme récompense, le renouvellement de notre visa.
Avec Seb, nous avions donc tous les éléments en main pour nous rendre à la Police Fédérale à 10h30. Une fois là-bas, nous étions informés qu'il manquait des pièces à notre dossier : des photocopies (certifiées conformes bien sûr). Imaginez quoi : des documents dont la Police Fédérale était elle-même en sa possession. Pour résumer : ils nous demandent des copies certifiées conformes (faits à perpet' et qui coûtent bonbon) pour des documents qu'ils nous donnent eux-même en main propre. Vous voyez la blague. D'autre part les chefs de famille que nous sommes n'avions pas le droit de faire les démarches pour nos épouses.
Lundi (journée de repos normal) fin de notre séjour à Florianopolis dans la belle-famille d'un ami d'enfance, Antoine Martin. Un regal de vivre une ambiance de retrouvailles familiales.


Amaury est un nouvel ingénieur qui, avant de mettre le pied à l’étrier du monde du travail en septembre s’est donné 3 mois (avril-juin) pour servir la mission du soutien scolaire de la paroisse. Il a également réalisé le site internet de la paroisse http://www.paroquiansalagados.com.br . Et Dieu sait que faire un site en 3 mois, avec toutes les personnes qu’il a dû rencontrer, c’est un exploit. Nous avons apprécié sa bonne humeur, son sens du service, sa soif de découverte. Si vous regarder bien les photos, il est vrai que nous avons quelques signes de ressemblance. Tout le monde nous prenait pour des frères. Depuis qu’il est parti, certains enfants du quartier m’appellent encore Amaury !
Ceci est le 99ème message sur ce blog. Merci à tout ceux qui le suivent, nous n'avons pas l'intention de nous arrêter là.









Nous avons terminé notre 3ème rapport de mission. Il devrait bientôt arriver dans vos boîtes aux lettres. Vous trouverez ci-dessous, un article sur le crédit que nous n'avons finalement pas inclu faute de place.
Au Brésil, le crédit existe. D’ailleurs tout le monde vit amplement à crédit. Les seuls organismes qui ne font pas crédit, pour les pauvres en tout cas, sont l’état et les banques. Les banques ne prêtent pas pour des gens qui veulent acheter une maison alors qu’ils ont un revenu fixe. Les raisons ? La volatilité de l’emploi, l’instabilité des vies : la mort est si vite arrivée. L’accès aux crédits à long terme est quasiment impossible.
Et pourtant, tout le monde vit à crédit. On achète ses chaussettes, son beurre, sa bière, sa télévision à crédit sur 5 voire 12 mensualités en payant des intérêts, mais toujours sans avoir accès au crédit pour construire une maison. Les commerçants comprennent à peine quand nous payons nos achats a vista[2]. Nous y voyons pourtant plusieurs avantages : simplicité dans la gestion du budget familial, éviter les dettes car plusieurs familles ne savent pas quelle somme d’argent va rentrer dans le foyer la semaine suivante. D’autre part, pratiquement tous les commerçants font une ristourne[3] pour les paiements a vista. Est-ce que finalement ces facilités de paiements n’ont pas contribué à cette fameuse crise mondiale ?
Diverses conséquences à ces crédits inaccessibles pour le logement, mais très ouvert sur la consommation. Dans chaque maison, on trouve le matériel hifi minimum : téléviseur, lecteur DVD, chaîne en état de fonctionnement ! Les maisons restent quant à elles inachevées. Elles sont construites au gré de l’argent disponible. Si un mois, le voisin a la somme pour acheter 1000 briques (R$ 150) et un peu de ciment, il construira une pièce de plus. C’est ainsi que le paysage ressemble à un grand chantier non fini.
Conséquence positive: le marché immobilier reste accessible à quasiment toutes les franges de la société et la possibilité de vivre une mobilité entre quartiers dès lors que les gens ont un travail officiel est réelle. Une partie de ceux qui vivent dans notre quartier aurait pu vivre dans un quartier plus tranquille. Mais leur attachement à la maison de leurs parents, à ce quartier les font rester ici. C’est comme cela que 3 à 4 couches sociales se côtoient aux Alagados.
[1] Ces remarques n’ont pas de valeurs scientifiques, car je ne suis pas économiste, mais elles résultent des mes observations et discussions avec les personnes que nous cotoyons chaque jour.
[2] A vista est le terme employé pour le paiement en une seule fois. Littéralement « à vue »
[3] Généralement de 5% mais pouvant atteindre 10%. Ces économies permettraient à certaines familles de faire de sérieuses économies chaque mois.