mercredi 26 août 2009

Nouveau numéro

"Encore, ils changent souvent de numéro ces 2 là..."
Et bien oui, 4ème numéro de téléphone en 1 an de présence ici. Désormais il faut nous joindre au :
(005571) 3315-3222
Seulement les 4 derniers chiffres qui changent. Le meilleur moment pour nous avoir :
Du lundi au samedi : entre 12h et 13h30, ou après 23h (heure française)
Dimanche : entre 16h et 20h (heure française)
à bientôt

mardi 25 août 2009

Champion du monde

On a déjà évoqué les obstacles administratifs que nous sommes appelés à vivre. Nous venons de vivre les championnats du monde, avec comme récompense, le renouvellement de notre visa.
Tout commence mardi 18 août, 11ème moisiversaire de notre arrivée. Il fallait payer le jour même pour le renouvellement de notre visa sous peine de payer une amende. Nous en avons profité pour faire le point avec la Police Fédérale des pièces à fournir pour compléter le dossier à remettre dans les plus brefs délais. Durant la semaine qui a suivi, nous avons réuni les forces et les talents administratifs de tous les volontaire Fidesco de la paroisse. Ainsi, de nouvelles lettres du Cardinal ont été signées et récupérées en urgence avant que le Cardinal ne parte pour 3 semaine en Italie. Tout le monde a payé ses dus à l'administration. Toutes les photocopies des passeports (y compris les pages vierges ! Va comprendre Charles !) ont été faites. Enfin le lundi matin aux aurores, il fallut faire attester toutes les pièces, soit 88 pages, par l'équivalent d'un bureau d'huissier, seul dans la ville à certifier la signature de la main même du Cardinal. Cette semaine fut une démonstration de la Volunteers' power !!!
Mais depuis notre arrivée ici, nous confirmons chaque jour le théorème selon lequel, rien ne se fait du premier coup.
Avec Seb, nous avions donc tous les éléments en main pour nous rendre à la Police Fédérale à 10h30. Une fois là-bas, nous étions informés qu'il manquait des pièces à notre dossier : des photocopies (certifiées conformes bien sûr). Imaginez quoi : des documents dont la Police Fédérale était elle-même en sa possession. Pour résumer : ils nous demandent des copies certifiées conformes (faits à perpet' et qui coûtent bonbon) pour des documents qu'ils nous donnent eux-même en main propre. Vous voyez la blague. D'autre part les chefs de famille que nous sommes n'avions pas le droit de faire les démarches pour nos épouses.
Concernant les cartes que nous avons reçues de la Police Fédérale : ce sont l'équivalent de notre carte d'identité d'étranger. Officiellement, elles sont valables un an à partir de la date... d'entrée sur le territoire (18/09/08). Nous les avons depuis quelques jours, avec une date de validité pour le 18/09/09. A noter, que nous avions des documents provisoires seulement valables 6 mois. Donc pendant 5 mois nous n'avions plus aucun papier officiel avec nous ! Autre blague, nous gardons cette carte pour la 2ème année, malgré l'inscription immanquable : Validité 18/09/2009... Pourquoi mettre une date de validité si de toute manière ils n'en font pas d'autres actualisées ? Trop cartésien.
Nous repartons donc. (NB : la Police Fédérale n'est pas dans le centre de Salvador, mais à l'aéroport. C'est bien connu que les aéroports sont proches des centre-villes surtout d'une ville de + de 2 millions d'habitants !). Forts des nouvelles cartes, elles sont photocopiées. Seb accepte de passer 2h pour les faire certifier.
Nous prenons femmes et enfants pour retourner à ce bureau si convivial de l'aéroport. Les papiers se font après 1h30 sur place. Nous recevons alors les précieux sésames tamponnés sur nos passeports.
En confrontant les documents reçus avec la famille Perrier, il apparaît que nous n'avons pas les mêmes. La forme du papier est différente, les informations sont différentes. Et pourtant, ces papiers ont été fait à 5 minutes d'intervalle dans les mêmes bureaux, mais visiblement pas par la même personne. Pour les Perrier, un papier pour la famille sur lequel Mathilde a apposé une empreinte. Pour les Blanchard, un papier par personne. De là à dire que les procédures pour les étrangers sont aléatoires... Nous leur avons fait remarqué les différences. Ils nous ont dit que c'était normal. Je me pose toujours la question : si tous les éléments sont les mêmes, pourquoi les résultats ne sont pas les mêmes. C'est mathématique, non ? Non, c'est l'administration brésilienne. Combien de fois des personnes nous ont donné de fausses informations lors des démarches ?
Bref, il n'y a pas de grande récompense sans grande compétition !
PS : je ne fournis pas l'aspirine pour les maux de tête engendrés par ce récit.

jeudi 20 août 2009

Semaine

Au coeur de vos vacances, voici notre planning de la semaine :
- Lundi (journée de repos normal) fin de notre séjour à Florianopolis dans la belle-famille d'un ami d'enfance, Antoine Martin. Un regal de vivre une ambiance de retrouvailles familiales.
- Mardi : Matin : retour de notre petit voyage dans le sud. Après midi : RDV à la police féderale pour renouveler notre visa, puis paiement de ce même visa tout le reste de l'après-midi sinon il fallait payer 120 R$ de multa (amende) par personne. Le soir course dans le quartier pour trouver des médicaments prescrits pour le fils de notre nounou. Aucune pharmacie a ce produit.
- Mercredi : Pour AnT, c'est Sonho de Mae avec le nettoyage le matin et l'accueil des femmes enceintes l'après-midi. Pour PM, passage à l'aéroport pour aller chercher une Brésilienne qui revient voir sa famille dans notre quartier avant de repartir comme volontaire Fidesco au Pérou. Après-midi : mission dans le quartier de São Cristovão pour parler de la persévérance. Soir : dîner chez les Perrier avec Fernando (séminariste en stage ici pour 2 mois) et Léonard (un Nantais de passage).
- Jeudi : direction le couvent pour faire un peu de bureau. Réunion briefing avec padre José pour les 2 semaines à venir. Les bras sont biens chargés ! Après-midi : AnT fera des visites chez les femmes de Sonho de Mae.
- Vendredi : AnT travaillera sur le projet de cours professionnel avec Ana Maria (autre volontaire Fidesco dans le quartier). PM devra préparer les missions de la semaine prochaine et faire de la compta (chouette !)
Voilà un petit aperçu.

lundi 10 août 2009

Quelques photos

Voici quelques montages thématiques de notre fille. Vous admirerez le bel oeil au beurre noir qu'elle s'est chopé la semaine dernière ; mais c'est déjà parti. Pour ceux qui se souviennent de notre départ, nous l'avions rasée pour qu'elle ne souffre pas trop de la chaleur. Et bien 11 mois plus tard, on peut lui faire une queue de cheval. Et enfin des clichés sur son jouet préféré du moment : la machine à laver ! Elle ferait une très bonne démonstratrice de télé-achat, non ?

jeudi 6 août 2009

Le point des pilotes

À 20 mois et 8 jours, retour à cette rubrique que nous avons laissée au placard pendant de longs mois : les nouvelles de la petite Maguelone. Petite, petite,... elle dépasse Angèle (la 2e fille Perrier) qui a 7 mois de plus.
Comme vous avez pu le voir dans la dernière vidéo, elle met le linge dans la machine à laver avec un petit commentaire sur l’appartenance de chacun des vêtements. Maguelone aurait-elle le sens du service ? Aucune certitude. Mais à la fin du repas, elle dépose elle-même ses couverts dans l’évier de la cuisine. Une fois terminé, elle va déposer son biberon sur la table de la cusine. Elle jette seule ses carrés de coton usagés à la poubelle. Lorsque nous nous apprêtons à sortir, elle nous apporte nos chaussures pour être sure d'être accompagnée. Un de ses jeux favori est d'ailleurs d'enfiller les chaussures de sa maman.
Côté politesse, nous pouvons affrimer que le "Merci" est gagné. Il est quasi systématique. Nous nous attelons maintenant au "S’il te plait", mais pour l’instant, ça donne "Merci". Elle comprend très bien ce qu’on lui dit, en portugais comme en français.
Avide des objectifs, elle se lance facilement dans une danse endiablée, surtout avec sa consoeur Angèle.
Vous vous souvenez d’une petite fille pas très câline. Ce temps là est heureusement révolu. Nous prélevons chaque jour notre impôt de bisous. Elle témoigne d’un grand enthousiasme en nous voyant arriver. Et les câlins sont de plus en plus chaleureux avec ses petites mains toutes chaudes derrière notre nuque.
Son caractère s’affirme. Maguelone se faufile vite dans l’espièglerie... Un câlin à maman est souvent anonciateur d’un tirage de cheveux. Elle est aussi très jalouse : pas question que papa et maman se fassent de bisous devant elle sans qu’elle ne riposte par une griffure. Nous aimons bien jouer avec ses nerfs sur ce sujet, car il faut qu’elle apprenne à partager ses parents. Ses petits caprices passagés nous amusent également ; et ils ne durent pas bien longtemps. Sa pire bêtise fut de jeter par terre notre Ipod, dont la molette ne répond plus. Il est donc inutilisable. Les feutres débordent souvent des feuilles, mais heureusement, ils sont facilement lavables.
Grastronome en culotte courte ! Madalena continue de manger à peu près de tout. Elle refuse ce qui a la texture de la semoule, et n’est pas fan des patates. Mais il y a tellement d’autres saveurs. Elle rafole du fromage et saucisson que nous avons reçus au mois de juin, et plus encore du feijão, sorte de haricot sec, base de la cuisine traditionnelle brésilienne. Le moment qu’elle attend chaque matin, est celui de lêcher la cuillère de confiture, et si nous y prenons pas garde, elle replonge facilement la cuillère pour la goûter de nouveaux.
Nous avons avec elle beaucoup de sources de joie, de bonheur.
NB : Vous pouvez toujours cliquer sur les photos pour admirer le détail de ses jolies bouclettes blondes !

lundi 3 août 2009

Quelques visages

Nous avons la chance d’accueillir divers gens de passage qui nous rappelle notre doux pays. Certains restent une nuit, d’autre une semaine, d’autres plusieurs mois. Voici une petite présentation :
  • Amaury est un nouvel ingénieur qui, avant de mettre le pied à l’étrier du monde du travail en septembre s’est donné 3 mois (avril-juin) pour servir la mission du soutien scolaire de la paroisse. Il a également réalisé le site internet de la paroisse http://www.paroquiansalagados.com.br . Et Dieu sait que faire un site en 3 mois, avec toutes les personnes qu’il a dû rencontrer, c’est un exploit. Nous avons apprécié sa bonne humeur, son sens du service, sa soif de découverte. Si vous regarder bien les photos, il est vrai que nous avons quelques signes de ressemblance. Tout le monde nous prenait pour des frères. Depuis qu’il est parti, certains enfants du quartier m’appellent encore Amaury !
  • Le papa d’Amaury a passé une soirée dans le quartier fin juin, en escale pour un RDV professionnel. Il nous a très gentillement offert une bonne tranche de Comté et beaucoup d’espérance pour la suite.
  • Pauline, la cousine d’Amaury. Visite expresse pour celle qui passait récupérer son cousin début juillet pour faire un tour de l’Amérique latine pendant ces 2 mois. Le temps de découvrir des caïpirinhas mémorables
  • Maëlle est stagiaire chez Point Coeur, en mission ici pour 6 mois. Elle est arrivée mi-juin et va s’occuper de la communication de Point Coeur au Brésil dans l’espoir de trouver des partenaires.
  • Les parents de Sébastien sont venus nous visiter (enfin, plutôt Sébastien et Mathilde !) du 24 juin au 14 juillet. Aprés une semaine à Recife, ils ont vecu notre quotidien pendant 2 semaines et ont bien profité de la bonne humeur des 3 filles.
Il faut inclure dans ce chapelet de visites, celle de mes parents fin juin dont nous avons déjà parlé.

vendredi 31 juillet 2009

Sondage

Ceci est le 99ème message sur ce blog. Merci à tout ceux qui le suivent, nous n'avons pas l'intention de nous arrêter là.
Ces quelques chiffres (du 22 oct 2008 date de début du comptage au 30 juillet 2009) nous encouragent à continuer :
  • 5287 visites
  • 8155 pages visitées, dont 6391 uniques
  • 1152 visiteurs uniques absolus
  • 37 pays soit les 5 continents, et 88% en France
  • 44,85% ont notre blog dans leur favori, ou le connaissent par coeur, ou l'ont recopié depuis un de nos mails
  • 8,33% viennent depuis le blog des Perrier
  • Vous restez en moyenne 1:30 minute sur le blog
  • 16,17% surfent sur Safari. Ce qui signifie qu'ils ont un Mac : félicitations. C'est mieux que la moyenne. On est content pour vous, parce qu'ici c'est la galère de gérer 4 PC.
Ça fait peur de voir qu'on peut tout savoir... Big Brother n'est pas loin. Bien sûr je ne manquerai pas de transmettre toutes ces infos à Sarko. D'ailleurs, il les connaît déjà.
Pour conclure sur ce topo très occidental, je vous propose de participer au petit sondage à droite (rien à voir avec l'UMP). Dites-nous simplement ce que vous préférez, nous tâcherons d'en mettre plus.
À très vite et merci encore de vos visites et vos messages qui nous encouragent chaque jour.

jeudi 30 juillet 2009

Déjà la fin de juillet.

Par vos divers mail et infos de France que nous avons, nous sentons l’atmosphère de vacances qui y règne.
De notre, côtés c’est plus ambiance rentrée car les vacances sont terminées depuis le 10 juillet après un mois de fêtes johanniques. Dans la rue, les banderoles restent suspendues conservant un air de fête. La saison des pluies s’est un peu atténuée. Les services de voirie rafistolent la ville (égouts, chaussée éventrée). Nos voisins se lancent dans le bricolage. Le samedi, chacun y va de sa pelle et de son sable non pas pour faire des châteaux sur la plage (ça c’est plutôt le dimanche), mais pour y faire du béton et construire quelques pièces de plus dans leur maison, refaire un carrelage, un escalier...
Côté mission, Anne-Thérèse continue d’accueillir les femmes enceintes le mercredi après-midi. Leur nombre a un peu réduit (entre 5 et 7) ce qui permet de mieux les connaître, de parler de ce qu’elles veulent faire, de ce qu’elle aimeraient apprendre. Anne-Thé a aussi accéléré les visites 2 demi-journées par semaine.
De mon côté, nous continuons les soins palliatifs auprès du projet EVA. Nous avons aidé le groupe des anciens à organiser un forró (fête traditionnelle de la St Jean) qui a réuni près de 200 personnes et permis de faire quelques bénéfices pour continuer les missions. Ces dernières ont repris depuis 10 jours. Nous participons un peu plus aux pièces de théâtre et même aux enseignements... comme mardi soir dernier : nous avions une soirée avec 5 missionnaires, aucun d’eux est venu. Typique de ce que nous vivons en permanence. Malheureusement.
La semaine dernière fut également marquée par la visite de notre correspondant de pays FIDESCO. Ce fut le moment pour faire un point sur la mission, son futur, faire une retraite pour regarder les 11 mois écoulés et envisager les 13 qui vont suivre. Il est probable que notre mission évolue un peu, tout en gardant nos tâches actuelles.
Maguelone va bien malgré une petite chute dimanche dernier, amortie par... son nez ! Bientôt des photos... peut-être. Ça cicatrise tellement vite.

vendredi 24 juillet 2009

Dengue !

Après 10 mois ici, je n'ai pas résisté à l'envie de devenir "dengue".... Donc après une forte fièvre bien assommante, des médecins qui vous disent de revenir pour faire des examens quand cela sera pire mais en attendant de boire 4l d'eau par jour(c'est vrai ça, pourquoi ne pas savoir tout de suite si c'est un virus ou la dengue alors que le remède universel semble être de se remplir d'eau...) et un corps couvert de plaques rouges qui grattent terriblement, nous avons finalement eu la confirmation que j'avais bien chopé la dengue !
Et... et bien rien, c'est tout, il ne me reste plus qu'à me reposer, ne pas me gratter et abuser de la gentillesse de mon petit mari !
Ne serait-ce que cela la dengue ? Affaire à suivre, en attendant, je vais de mieux en mieux !

vendredi 17 juillet 2009

Future blanchisseuse

Un avenir tout tracé pour la petite Blanchard

mardi 14 juillet 2009

Fête nationale

14 juillet. Il faut marquer la date. Non parce qui s'est passé il y a 210 ans, mais parce que tous nos compatriotes font la fête. À Salvador, pas de Consulat, seulement un Consul honoraire qui apparemment n'a reçu aucune moyen financier de la France pour organiser des retrouvailles entre Français. Donc ce fut à l'occasion d'une House Party que nous avons honoré notre patriotisme en buvant un verre de Pastis 51 et en grignotant un peu de saucisson.
Allons enfants...

vendredi 10 juillet 2009

Vocabulaire

Quand on découvre une nouvelle langue, il y a toujours des expressions qui nous font sourire. Elles retiennent particulièrement notre attention. Récemment, des parents nous ont confié "avoir un couple".

Quand on leur pose la question : combien d'enfant avez-vous ?
- Nous avons "um casal" (littéralement : un couple)
Il s'agit en effet de 2 enfants, mais plus exactement d'un garçon et d'une fille. Comme s'ils avaient chez eux un couple de péruches !

mardi 7 juillet 2009

Vacances

Fin juin, nous avons reçu la visite de mes parents (PM) avec des valises pleines de saveurs chéries (saucisson, chocolat, Pastis, thé français, berlingots Nantais). Après la découverte de toutes ces attentions, nous sommes partis à la découverte de notre quartier, la ville de Salvador, des autres missionnaires pendant une semaine.
Puis ce fut pour nous le moment du dépaysement et de découvrir un autre Brésil, celui du Sud. Les avions nous ont posé au pied des fabuleuses chutes d'Igaçu.
Enfin, nous avons passé un temps à Sao Paulo. La visite de cette ville, véritable locomotive économique pour le pays a été presque troublante : on se serait presque cru rentré en Europe ! Le contraste économique, urbain, culturel avec Salvador est frappant.
Voici donc quelques photos de cet épisode de vacances qui correspond aux vacances d'hiver ici. Pour l'anecdote, nous avons d'ailleurs acheté des chaussettes et sorti nos pull en polaire pour "descendre" dans le Sud. Mais ce temps de vacances est surtout le moment des fêtes joaniques (de la St Jean) très populaires en Bahia. Nos parents ont pu apprécier les sonates de pétards, les banderoles festives, sans oublier les airs de musique populaire tous les soirs.

Photos
1 La ville de Salvador vue du port
2 La photo exotique
3 Les démonstrations de capoera
4 L'église Sao Francisco et sa tonne et demi d'or au plafond,
5 ainsi que ses mosaïques philosophiques
6 La visite de nos missions
7 La mission des Perrier (ici Amaury qui est venu aidé le projet pendant 3 mois)
8 Les volontaires de Point Coeur présents dans un autre quartier
9 Le fort Saint Marcel qui défendit la ville du XVIe au XIXe
10 Les chutes d'Iguaçu
11 Les Blanchard emmitouflés comme en hiver !
12 La forêt d'immeubles de Sao Paulo




mardi 16 juin 2009

RAPPORT DE MISSION

Nous avons terminé notre 3ème rapport de mission. Il devrait bientôt arriver dans vos boîtes aux lettres. Vous trouverez ci-dessous, un article sur le crédit que nous n'avons finalement pas inclu faute de place.

RÉFLEXION SUR LE CRÉDIT[1]

[1]

Au Brésil, le crédit existe. D’ailleurs tout le monde vit amplement à crédit. Les seuls organismes qui ne font pas crédit, pour les pauvres en tout cas, sont l’état et les banques. Les banques ne prêtent pas pour des gens qui veulent acheter une maison alors qu’ils ont un revenu fixe. Les raisons ? La volatilité de l’emploi, l’instabilité des vies : la mort est si vite arrivée. L’accès aux crédits à long terme est quasiment impossible.

Et pourtant, tout le monde vit à crédit. On achète ses chaussettes, son beurre, sa bière, sa télévision à crédit sur 5 voire 12 mensualités en payant des intérêts, mais toujours sans avoir accès au crédit pour construire une maison. Les commerçants comprennent à peine quand nous payons nos achats a vista[2]. Nous y voyons pourtant plusieurs avantages : simplicité dans la gestion du budget familial, éviter les dettes car plusieurs familles ne savent pas quelle somme d’argent va rentrer dans le foyer la semaine suivante. D’autre part, pratiquement tous les commerçants font une ristourne[3] pour les paiements a vista. Est-ce que finalement ces facilités de paiements n’ont pas contribué à cette fameuse crise mondiale ?

Diverses conséquences à ces crédits inaccessibles pour le logement, mais très ouvert sur la consommation. Dans chaque maison, on trouve le matériel hifi minimum : téléviseur, lecteur DVD, chaîne en état de fonctionnement ! Les maisons restent quant à elles inachevées. Elles sont construites au gré de l’argent disponible. Si un mois, le voisin a la somme pour acheter 1000 briques (R$ 150) et un peu de ciment, il construira une pièce de plus. C’est ainsi que le paysage ressemble à un grand chantier non fini.

Conséquence positive: le marché immobilier reste accessible à quasiment toutes les franges de la société et la possibilité de vivre une mobilité entre quartiers dès lors que les gens ont un travail officiel est réelle. Une partie de ceux qui vivent dans notre quartier aurait pu vivre dans un quartier plus tranquille. Mais leur attachement à la maison de leurs parents, à ce quartier les font rester ici. C’est comme cela que 3 à 4 couches sociales se côtoient aux Alagados.

Enfin, le drame est l’accumulation de dettes qui ne permettent pas à certains qui travaillent de sortir la tête de l’eau. Ils travaillent pour payer leur vie passée. Leur seul moyen de vivre le quotidien est d’utiliser encore plus le crédit à la consommation et donc de s’endetter un peu plus et de ne rien pouvoir prévoir pour le futur.


[1] Ces remarques n’ont pas de valeurs scientifiques, car je ne suis pas économiste, mais elles résultent des mes observations et discussions avec les personnes que nous cotoyons chaque jour.

[2] A vista est le terme employé pour le paiement en une seule fois. Littéralement « à vue »

[3] Généralement de 5% mais pouvant atteindre 10%. Ces économies permettraient à certaines familles de faire de sérieuses économies chaque mois.